Refus scolaire : quand l‘école devient l’ennemie.

Quand nous sommes face à un cadre de refus ou phobie scolaire, les enfants se réveillent en général avec les plaintes suivantes : maux de ventre, frissons, vomissements, maux de tête, diarrhée avec une intensification des symptômes quand approche l’heure de l’école.

Peuvent surgir aussi d’autres symptômes comme la perte d’appétit, la peur de dormir seul et les cauchemars. Dans le cas d’un refus scolaire, ces manifestations sont le fruit d’une anxiété anticipatrice.

Les raisons pour lesquelles un enfant peut développer une phobie scolaire sont variables mais il est fondamental d’être attentif aux facteurs qui ont pu déclencher ce sentiment face à l’école. Ces facteurs peuvent être liés à l’entrée à l’école (particulièrement au cours préparatoire), à un changement d ‘école, à des relations difficiles, voire des conflits avec le professeur et/ou les autres élèves, à des changements familiaux, des conflits entre les parents, un déménagement, etc…

Luis Vera [1]distingue trois types de refus scolaires

  • Le refus scolaire sous tendu par une anxiété de séparation. Les difficultés commencent dès la première année de maternelle. L’enfant ne supporte pas de se retrouver séparé de ses parents.
  • Le refus scolaire sous tendu par une anxiété sociale. Ils sont décrits par leur entourage comme timides, ont peu d’amis à l’école, les trouvent bêtes ou ennuyeux.
  • Le refus scolaire relevant d’une phobie spécifique (trajet, contrôles, lieux spécifiques dans l’école etc…)

Contrairement aux enfants qui ne présentent aucune résistance à l’heure d’aller à l’école et qui ont pour habitude de raconter leur journée à leurs parents et parler de leurs amis, souvent, les enfants qui présentent un refus scolaire, évitent de parler de sujets relatifs à l’école. Quand ils le font, ils expriment souvent des sentiments négatifs. Dans le cadre scolaire, ils ont tendance à s’isoler, même quand il s ‘agit d’activités à caractère ludique, ce qui compromet leurs interactions avec les autres élèves et leur bonne intégration dans l’école.

Quelques conseils qui peuvent être utiles

  • Tenter de comprendre la raison de ce refus scolaire et ne pas sous-estimer la souffrance de l’enfant,
  • Comprendre la perception qu’a l’enfant de l’école,
  • Transmettre de l’assurance et montrer que vous disponible pour parler de ce qu’il ressent
  • Eviter de comparer l’enfant à d’autres enfants
  • Motiver de manière progressive l’enfant à aller à l’école, en insistant sur les aspects positifs.

[1] Vera, L.(2014). TCC chez l’enfant et l’adolescent. Elsevier Masson, Paris.

Article rédigé par Florence Ronco, psychologue, Paris 5.