Adolescence signifie en latin « grandir ». L’adolescence est ce passage entre l’enfance et l’âge adulte. L’adolescent est un être en changement, entre abandon de l’enfance et recherche d’un statut d’adulte. C’est une période transitoire et difficile où l’adolescent est confronté à une série de processus développementaux : transformations du corps, changements émotionnels et cognitifs, évolution des relations avec ses parents et ses pairs. L’adolescent est en recherche constante d’autonomie et ce dans tous les domaines. La confrontation à tous ces changements de manière simultanée peut entrainer des difficultés. Dans l’imaginaire populaire, la crise d’adolescence est synonyme de dépression et de troubles de la personnalité. Cependant, la plupart du temps, cette période est traversée sans tumulte excessif.

ATTENTION

Accepter l’idée que l’adolescence est obligatoirement accompagnée d’une crise est même dangereux. Ce stéréotype peut conduire à ne pas percevoir des troubles chez l’adolescent en les mettant sur le compte de cette fameuse crise de l’adolescence. 

Les bouleversements de l’adolescence

Voici les principaux changements psychologiques affectant l’adolescent (Bariaud et Lehalle, 2007) :

Les changements émotionnels

Durant la première période de l’adolescence, les jeunes adolescents vivent plus d’émotions extrêmes que les adultes et ces émotions sont en majorité négatives. Ils peuvent se décrire comme embarrassés, fébriles, gauches, souffrant de solitude et transparents pour les autres. Les déceptions amoureuses, les disputes avec leurs camarades prennent plus d’importance.

ATTENTION

Globalement, en moyenne, la tonalité affective reste positive tout au long de l’adolescence.  Dans le cas contraire, cela peut signifier que l’adolescent souffre de dépression.

Les transformations de la relation parents-adolescents

Les rapports deviennent moins proches et plus conflictuels. Les conflits ont souvent lieu avec la mère. C’est une manière pour l’adolescent de renégocier sa place dans la famille. Les parents vont être conduits à réajuster leurs conduites d’autorité et l’adolescent va conquérir progressivement son autonomie.

ATTENTION

Les conflits restent généralement modérés. Si les conflits sont violents et accompagnés du rejet des parents, c’est le signe d’un dysfonctionnement familial et consulter est nécessaire. Une thérapie familiale est recommandée.

Quelle attitude adopter ?

Selon plusieurs auteurs, dont Steinberg (2001), le style parental le plus efficace est le style démocratique associant un soutien affectif élevé (chaleur affective, communication, soutien parental) et un contrôle élevé (fermeté, investissement dans l’éducation, établissement de règles claires)

L’évolution des relations avec les pairs

Les adolescents prennent de la distance avec leur famille et le sentiment de solitude qui peut en découler les conduit à intensifier leurs relations avec leurs pairs. Le nombre d’amis diminue mais les amitiés deviennent plus stables,  plus intenses et plus intimes. Les garçons partagent des activités et sont moins exclusifs que les filles qui privilégient les confidences.  Ensemble, les adolescents vont affronter plus facilement les défis de l’adolescence : transformations corporelles, relations conflictuelles, chagrins amoureux, manque de confiance en soi…

ATTENTION

Les adolescents font souvent partie d’un groupe, qui se forme spontanément sur la base du plaisir d’être ensemble. Pour Shérif et Shérif (1964), le groupe est un laboratoire social où les adolescents jouent les rôles qui les préparent à la vie adulte et trouvent l’aide et la protection nécessaire pour affronter les difficultés de l’adolescence. Si l’adolescent ne fait partie d’aucun groupe, cela peut être le signe de difficultés psychologiques.

Le développement cognitif

La pensée évolue de manière très significative. L’adolescent va développer le raisonnement hypothético-déductif (possibilité de faire des déductions à partir d’hypothèses) et aussi ses capacités métacognitives. Il va être ainsi capable d’introspection, de réguler ses comportements et ses apprentissages, de planifier ses actions en fonction de ses objectifs. Par exemple, à l’école, l’adolescent peut apprendre de ses erreurs et décider de ce qu’il convient de faire pour s’améliorer.

La construction identitaire

Les adolescents prennent conscience d’un monde élargi et entrent dans une réalité nouvelle ce qui peut produire une certaine confusion et la perte de certaines références. La rencontre avec d’autres adolescents desquels ils se sentent proches dans un monde où ils se perçoivent si différents, caractérise la naissance des groupes d’adolescents, lieux de libre expression et de construction de la personnalité, qui pendant un temps est collective. Dans sa quête identificatoire, l’adolescent va d’abord chercher son moi chez les autres avant de s’individualiser. Son identité va se former durant le cycle de l’adolescence, chaque période de développement le confrontant à une tâche particulière, comme s’adapter aux modifications physiques de la puberté, chercher des valeurs propres et choisir l’orientation qu’il souhaite donner à son futur.

L’adolescent et son corps

A l’adolescence, le corps souffre de rapides et profondes transformations. Les intenses modifications physiques et biologiques influencent tout le processus psychologique et social à travers lequel l’adolescent va former son identité.

Construire sa propre identité, nous l’avons vu, est la tâche la plus importante de l’adolescence. Avoir le sentiment de sa propre identité signifie posséder une certaine connaissance de soi et de son potentiel, se percevoir comme une personne différente des autres et ressentir sa propre unité et stabilité de soi au cours du temps. Il s’agit en d’autres termes d’avoir répondu aux questions suivantes : qui suis-je ? Quelle est ma place dans le monde ? Où vais-je ?

Tout ce processus de construction de son unité personnelle, inclue nécessairement la relation à son propre corps : un corps différent de tous les autres mais aussi différent de ce qu’il était hier.

Les modifications hormonales qui peuvent intervenir dès 10-11 ans, enclenchent un processus complexe de croissance et de développement.

La puberté :

Celle des jeunes filles commence (dans la plupart des cas mais pas toujours) vers 10-11 ans avec une légère augmentation de la poitrine.  Parfois, la croissance ne s’observe que sur un seul sein ce qui peut provoquer une inquiétude mais quelques semaines ou mois après, l’autre sein va commencer à se développer. Ils peuvent cependant demeurer de taille différente jusqu’à l’âge adulte sans que cela représente une anormalité quelconque. Ce premier signe de féminité, les jeunes filles ont parfois tendance à vouloir le dissimuler, en se tenant par exemple les épaules rentrées. En même temps, ou le plus souvent, quelques mois plus tard, apparaissent les premiers poils pubiens. La taille des seins et le nombre de poils pubiens va en augmentant au fur et à mesure que s’accélère la croissance. La jeune fille va progressivement acquérir les courbes typiques de la femme, à mesure que le corps accumule la graisse, principalement sur les hanches.

A l’approche de la fin de la puberté, surgissent les règles. Les premiers cycles menstruels sont généralement irréguliers ce qui peut constituer un autre sujet de préoccupation. C’est un moment ambivalent, où la jeune fille est partagée entre l’euphorie de devenir femme et la tristesse de perdre le corps et les privilèges de l’enfance.

Chez les garçons, la puberté commence la plupart du temps, vers 11-12 ans. Le premier signe très subtil et en général ignoré du garçon est la légère augmentation du volume des testicules. En même temps ou quelques mois plus tard, commencent à surgir les premiers poils pubiens. Ensuite vient la croissance du pénis d’abord en longueur puis en largeur. Vont croitre  ensuite les mains et les pieds suivis des bras et des jambes. Pendant un temps, l’adolescent peut paraître gauche, faisant tomber des choses, ne sachant pas où mettre ses mains. Les érections deviennent fréquentes, parfois imprévisibles et gênantes. Accompagnant la masturbation ou simplement des rêves érotiques, surviennent les premières éjaculations. Certains garçons vont noter une légère augmentation des glandes mammaires (gynécomastie) qui peuvent devenir sensibles. La gynécomastie ne dure que quelques mois ou un peu plus d’un an, et est en général très discrète. Elle peut cependant préoccuper l’adolescent, en perturbant son schéma corporel et la formation de son identité masculine.

Chez les garçons et les filles, mais d’une manière plus accentuée chez les garçons, la peau devient plus grasse et on note la production d’une sueur odorante. L’acné apparaît particulièrement sur le visage. La voix devient plus grave, des poils poussent sur les aisselles, le visage puis sur d’autres parties du corps.

Tant chez le garçon que chez la jeune fille, un des aspects les plus frappants de la puberté est la rapidité des transformations. L’adolescent se voit envahi par des changements intenses et rapides, qui échappent à son contrôle, transformant son corps d’enfant en corps d’adulte. Il s’agit de tout un processus biologique qui se termine avec l’acquisition des capacités reproductrices et une taille adulte.

Chez l’adulte, il existe déjà une propre image de son corps, un concept mental, plus ou moins réel, de comment il est physiquement et de la manière les autres le perçoivent. Un adulte émotionnellement sain a une image corporelle pratiquement constante puisque le corps se modifie peu au cours des ans. C’est une image satisfaisante, puisqu’il a pris le temps de se connaître et résoudre les distorsions qui peuvent exister entre son corps réel et le corps idéalisé. Mais se connaître nécessite du temps et la formation de l’image corporelle n’échappe pas à la règle. Il faut du temps pour se regarder, se sentir, apprendre à savoir, même les yeux fermés, jusqu’où arrive la pointe des doigts d’un bras tendu, surtout quand on a grandi très rapidement les derniers mois. C’est pour cela qu’un adolescent peut rester des heures face à un miroir ou, au grand désespoir de ses parents, enfermé dans la salle de bains. Est ce qu’il/elle serait en train de se masturber ? C’est possible. C’est aussi une manière de se connaitre, comme quand il se contemple dans le miroir, quand il passe une demi-heure à se percer un bouton ou quand il change dix fois de coiffure.

Voir son corps changer rapidement peut générer chez l’adolescent un sentiment d’impuissance et de passivité. Il est très courant pendant cette période de se sentir bizarre, « tordu », disproportionné, sans contrôle de ses mouvements. Parfois, le manque de contrôle sur ces importantes modifications peut générer une peur et une anxiété qui vont se focaliser sur le plan physique. Cela peut donner des cas d’hypocondrie ou bien de préoccupation irrationnelle concernant un organe, une partie du corps ou même des maladies. Il est plus facile pour l’adolescent de faire face à une anxiété lié à une certaine partie du corps ou une maladie plutôt que de lutter contre une anxiété diffuse et imprécise. Le même mécanisme explique nombre de somatisations de l’adolescence. Des plaintes vagues, mal localisées (vertiges, mal être, faiblesse, maux de tête, maux de ventre, douleurs au thorax), de l’irritabilité, des nausées sont, entre autres, les motifs les plus fréquents qui conduisent l’adolescent chez le médecin.

Par manque de temps ou de connaissance, beaucoup de professionnels vont prescrire des médicaments pensant résoudre ce qui est en fait un conflit typique de l’adolescence. L’adolescent va sortir du cabinet du médecin avec une ordonnance pour des médicaments ou des examens alors que son symptôme est simplement l’expression d’une difficulté émotionnelle, qui devrait être comprise comme un appel à l’aide et non comme une demande d’ordonnance.

Pour contourner ces difficultés, l’adolescent va parfois tenter de contrôler son corps en mutation. Il va changer de coiffure, chercher un traitement contre l’acné, faire un régime, des exercices de musculation, s’inscrire dans une salle de sport, à des cours de danse ou choisir des vêtements qui le moulent ou au contraire le cachent. Ces tentatives de contrôle sont normales. Certains adultes le font en recourant à la chirurgie esthétique.  Peu d’adolescents vont aller jusqu’à un niveau extrême de self control comme par exemple, l’anorexie.

L’adolescence est considérée par certains auteurs  comme une suite de deuils sur le chemin menant à la vie adulte. A première vue, la notion de deuil donne une coloration sombre et dramatique à l’expérience adolescente, qui en vérité ne l’est pas, la plupart du temps.  Mais cette notion de deuil aide à mieux comprendre les moments de doute et de crise durant la croissance.

Entre les différents deuils que doit affronter l’adolescent, figure le deuil du corps d’enfant. Au delà de tous les sentiments d’étrangeté et de disproportion, de passivité et d’impuissance, la perte du corps infantile est vécu comme un véritable deuil, avec ses phases de déni, de fuite, de révolte, de dépression, d’élaboration et d’acceptation.

Les parents peuvent percevoir comment, au début de la puberté, leurs enfants sont sensibles à toute remarque ou plaisanterie au sujet de leur aspect physique. Quand la conversation tourne autour de ce thème, ils se renferment, fuient, ou bien fondent en larme. Tant cette sensibilité exagéré qu’une supposée indifférence, correspondent à cette phase de déni et de fuite vécue par l’adolescent au début de la puberté. Les parents doivent comprendre que lorsqu’un adolescent refuse de se défaire d’un vieux vêtement élimé, il peut exprimer sa difficulté à quitter son corps d’enfant. De même, choisir de porter des vêtements ou de se coiffer de manière unisexe, peut refléter cette lutte. Ne pas vouloir faire à attention à soi, à son hygiène, éviter la salle de bain peut aussi être une forme de fuir le contact avec son propre corps.

Durant le processus de deuil, la révolte peut se retourner soit vers l’extérieur (la famille, l’école, la société) soit vers lui même. Plus le corps est ressenti comme étrange, plus les modifications corporelles sont vécues passivement, générant un sentiment d’impuissance, plus il existe une possibilité que l’adolescent dirige son agressivité envers lui même. Quelques cas rares de suicide ou tentatives de suicide, ou des accidents correspondant à des tentatives inconscientes de suicide, ont pour cause une mauvaise élaboration du deuil du corps d’enfant.

Un aspect qu’on ne peut oublier est l’influence du corps idéalisé. Tout adolescent a en tête le corps qu’il aimerait pour lui. Plus ce corps est loin de la réalité, plus les possibilités d’un conflit sont grandes, pouvant aboutir à une dépression, un isolement ou une tentative extrême de contrôle comme l’anorexie.

La société bombarde l’adolescent avec une infinité d’images, de concepts et d’informations dont une des fonctions principales est de faire de lui un consommateur. Particulièrement dans les classes moyennes et les hautes classes sociales, l’adolescent est un grand consommateur. Sa croissance l’oblige à rénover ses vêtements et ses chaussures fréquemment, son appétit vorace le mène à consommer nourriture et boissons en quantité, sa curiosité, ses changements rapides d’intérêts et son goût de la nouveauté le conduisent à désirer de nouveaux objets qu’il délaissera bientôt pour d’autres.

Toute société, à chaque époque, a un modèle de corps idéal, pour les deux sexes. Véhiculé à travers des moyens de communication de masse, le corps idéal correspond à la notion de normalité et stimule la concurrence. La société normalise, établit les limites du normal, de l’acceptable, du beau et du laid. L’adolescent qui, par nature, se questionne sur sa normalité, est très sensible et réceptif à cette tendance normalisatrice sociale et va sans cesse se comparer aux modèles idéalisés. Souvent, il va désirer ressembler à son idole, un chanteur, un acteur célèbre ou un grand sportif. Le groupe d’amis est fondamental dans la mesure où il offre l’opportunité de  partager des expériences avec un groupe de pairs, et constitue une source de comparaisons et d’identifications. Une fois dans le groupe, l’adolescent a l’opportunité de se sentir plus ou moins accepté ou rejeté, et il y trouve un terrain pour apprendre à faire face à des situations de conflit.

Beaucoup des préoccupations de l’adolescent concernant sa normalité sont générées par un manque d’informations ou des informations incorrectes. La comparaison avec des camarades du même âge a presque toujours comme conclusion : « Je suis différent»,  « je suis en retard dans ma croissance ». Dans une étude récente, plus de la moitié des adolescents avouent se sentir préoccupés car dans une phase différente de développement par rapport à leurs camarades. Les garçons sont préoccupés par leur taille, la taille de leur pénis, la quantité de poils et leur force musculaire. Les filles sont préoccupées par leur poids, leurs règles et la taille de leurs seins.

Les doutes et la curiosité des adolescents sont normaux et sains. Cependant, les relations distantes qu’ils entretiennent avec les adultes ne permettent pas à ces derniers de toujours jouer de manière satisfaisante le rôle de modèle et de source de savoir.

Le processus de l’adolescence peut être vu comme le chemin vers la liberté et l’auto-détermination. Toutes les inquiétudes, les quêtes, les deuils, l’euphorie des conquêtes, toute l’énergie de ce corps en mutation et en croissance, tout ce qui tourmente tant l’adolescent dans notre société compétitive et normative, apparaissent finalement comme un attribut de la maturité.

Dans de très rares cas, l’adolescent peut connaître un trouble de l’identité sexuelle, trouble qui a pu débuter dans l’enfance.

Les troubles de l’identité sexuelle

La dysphorie de genre se réfère à la détresse qui peut accompagner l’incompatibilité entre le genre vécu ou exprimé et le genre assigné. La personne va exprimer son désir d’appartenir à l’autre genre.

Chez les enfants

Chez les garçons, on note une préférence pour le style vestimentaire féminin et chez les filles, le port exclusif de vêtements masculins avec une aversion marquée pour tout ce qui est typiquement féminin. Dans les jeux de « faire-semblants, » la préférence est nettement marquée pour incarner l’autre sexe. On retrouve ces préférences dans les jeux et les jouets. Les garçons vont éviter les jeux de bagarre. Les camarades sont choisis dans le sexe opposé. Une aversion pour sa propre anatomie sexuelle est notée.

Chez les adolescents et les adultes

Le désir d’être débarrassé de ses caractéristiques sexuelles primaires et secondaires est marqué. Le sujet désire être traité comme une personne de l’autre sexe et a la conviction d’avoir les réactions et les sentiments de l’autre genre.

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

La dysphorie de genre est généralement accompagnée d’une grande détresse. Elle débute dans l’enfance le plus souvent et est accompagné d’un rejet social, voire familial. Même si certaines personnes peuvent décider de se lancer dans un processus de transformation physique (chirurgies et hormones), le processus reste long, douloureux et nécessite un véritable accompagnement psychologique.

L’obsession du contrôle du corps peut aussi aboutir à de graves problèmes alimentaires.

Les troubles alimentaires

Le corps se transforme de manière impressionnante à l’adolescence. En moyenne, les jeunes filles vont prendre 20 kilos et les garçons vont voir leur poids multiplier par deux. Ces nouveaux besoins suscités par la croissance bouleversent les habitudes alimentaires (Marcelli et Braconnier, 2013). Apparaissent le grignotage, les fast –foods mais aussi les sauts de repas (le petit déjeuner est souvent sacrifié).

Un tiers des adolescentes se trouvent trop grosses, un adolescent sur cinq se trouve trop maigre.

Les jeunes filles peuvent vouloir entamer un régime. Quelquefois, ces régimes évoluent et engagent l’adolescente dans une véritable anorexie mentale.

LES SYMPTOMES DE L’ANOREXIE

Perte de poids de plus de 10%, cheveux secs, ternes et raréfiés, mains froides, violacées et humides, régime restrictif suivi, recours à des stratégies de perte de poids, perturbations de l’image du corps, peur intense de prendre du poids, IMC inférieur à la norme minimale.

L’anorexie mentale peut être de type restrictif ou avec des accès hyperphagiques /purgatif.  L’adolescente va présenter des accès de gloutonnerie suivis par des vomissements provoqués ou des comportements purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements).

Cette absorption massive de nourriture suivie de comportements compensatoires inappropriés, peut se présenter aussi hors épisode d’anorexie. Dans ce cas, il s’agit de boulimie.

LES SYMPTÔMES DE LA BOULIMIE

Erosion de l’émail dentaire, caries, callosités de la face dorsale des doigts.

L’âge de survenue de l’anorexie se situe le plus souvent entre 14 et 17 ans. Après un régime banal, certaines adolescentes vont passer progressivement à la conduite anorexique. Nous notons chez ces adolescentes une faible estime de soi (« je suis grosse et moche »), un dégoût des formes féminines, un certain sentiment d’euphorie lié au contrôle de son corps. De plus il est très fréquent, qu’avant de s’inquiéter, les proches félicitent la jeune fille pour sa perte de poids.

Le déni de la maigreur est quasi systématique et les jeunes filles continuent à se trouver trop grosses tout en niant que leur poids puisse avoir des conséquences médicales très graves.

Plus la maigreur s’aggrave, plus la peur de grossir ou d’être grosse augmente. Le poids devient une obsession. La jeune fille se pèse sans arrêt, s’observe dans la glace, prend ses mensurations de manière répétée, se lance dans des activités physiques de manière effrénée. L’insatisfaction corporelle s’aggrave. La fatigue s’installe avec des troubles de l’attention et des troubles de l’humeur. Manger est synonyme d’angoisse, d’intrusion et de déformation du corps.

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

Il est vital de consulter, la vie de l’adolescente étant en danger. La reprise de poids est très importante. La rééducation nutritionnelle peut nécessiter une hospitalisation. Devront être associées une thérapie familiale et une thérapie individuelle.

L’adolescent et sa famille

Marcelli et Braconnier (2013) nous livrent une analyse passionnante des relations adolescents-parents et de leurs enjeux. L’adolescence est un état paradoxal. L’adolescent est à la recherche de son autonomie, de son individualité tout en restant dépendant de sa cellule familiale qui continue à constituer un cadre stabilisant et protecteur.

Nous constatons aussi que plus les adolescents développent de problèmes, plus leur niveau de satisfaction vis à vis de leur famille est faible : parents trop sévères ou trop laxistes, parents inaccessibles ou trop envahissants.

De manière générale, les conflits existent, comme la conséquence normale du processus de l’adolescence. L’adolescent doit convaincre ses parents et lui même, qu’il n’a plus besoin d’eux, qu’ils sont différents avec des aspirations différentes, qu’il ne veut plus adhérer à l’image projetée par ses parents quand il était enfant.

Cependant, et c’est essentiel : « l’adolescent peut avoir besoin de déprécier ses parents, mais il ne souhaite pas les détruire comme modèles. L’estime qu’il a pour lui-même est étroitement liée à l’estime qu’il porte à ses parents. Il a besoin de dépasser l’image des parents omniscients et parfaits qu’il avait dans son enfance ; mais il a toujours besoin d’un parent auquel il puisse s’identifier et qui lui servira de modèle pour sa vie d’adulte, et d’un autre parent dont il recherche l’affection et l’admiration. » (Lidz, 1969).

Le plus souvent, les conflits sont particulièrement dirigés vers l’un des parents, épargnent les grands-parents et la fratrie et malgré tout des relations satisfaisantes dans certains secteurs (le sport, la culture) sont maintenues. Si les conflits s’intensifient et se cristallisent, cela peut témoigner :

  • Des difficultés de l’adolescent à assumer son autonomisation
  • Des difficultés de la famille à s’adapter à ces changements : avez-vous modifiez vos attitudes et exigences en fonction de l’évolution de votre enfant ? Laissez-lui vous un espace privé ? Pensez-vous qu’il vous fait suffisamment confiance pour vous confier un événement traumatique ? Etes-vous suffisamment disponibles ? Etes-vous prêts à renoncer, du moins en partie, à l’idéal projeté sur votre enfant pour lui laisser assumer ses propres choix ? Traversez-vous vous même ce que nous appelons communément, la crise de la « quarantaine » ?

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

Si les conflits s’intensifient et se cristallisent, il est important de consulter afin de déterminer, le plus souvent, lors d’une thérapie familiale, l’origine des conflits pour les résoudre.

ATTENTION

Crise d’adolescence ou crise de la quarantaine ? A l’âge où nos enfants atteignent l’adolescence, nous atteignons le plus souvent l’âge de la quarantaine. Et nos propres conflits intérieurs peuvent interférer avec les conflits propres à l’adolescence : âge du bilan, angoisse du temps qui passe, moindre intérêt sexuel éveillé par le partenaire habituel.

Le décrochage scolaire à l’adolescence

La scolarité occupe une place centrale dans la vie de l’adolescent. Selon la Fédération Nationale de Parents et d’Educateurs, les études viennent en seconde position des préoccupations adolescentes, précédées par les relations avec les amis et suivies par les loisirs-sorties, l’avenir professionnel, les conditions de la vie, les relations amoureuses et enfin les relations avec les parents. Quand aux discussions avec les parents, elles porteraient essentiellement sur les résultats scolaires.

Selon Marcelli et Braconnier (2013), les conditions d’une bonne scolarité sont tout d’abord le bon déroulement de certains changements. Si ces changements ne s’opèrent pas ou s’ils se réalisent trop brusquement ou intensément, ils peuvent entraver la scolarité :

  • L’accès à la pensée abstraite : l’enfant devient capable d’abstraction vers 12-13 ans. Pour certains accéder à la pensée abstraite est ardu, ce qui peut expliquer des difficultés scolaires, des problèmes d’attention et d’intérêt.
  • L’accès à une pensée divergente : un nouveau champ des possibles s’ouvre aux adolescents. Certains vont imaginer leur réussite personnelle selon des critères conventionnels, et se rapprocher des modèles offerts par les professeurs. D’autres vont concevoir leur réussite personnelle selon des critères plus originaux ce qui peut causer des difficultés d’adaptation et d’acceptation du projet personnel de l’enfant.
  • Les transformations corporelles : le retentissement sur la scolarité est évident (écriture, travaux manuels, appropriation de l’espace). Parfois, aussi, une préoccupation corporelle trop grande peut démobiliser l’adolescent de ses opérations mentales.
  • La transformation des possibilités affectives et relationnelles : des intérêts nouveaux émergent comme la quête de l’autre sexe. L’adolescent recherche d’autres sources d’intérêt à travers un artiste, une idéologie, une matière. Parfois, ces nouvelles possibilités affectives et relationnelles sont marquées par la révolte et l’opposition qui peuvent se diriger contre les professeurs, symboles de l’autorité.

Des difficultés scolaires à l’adolescence peuvent s’inscrire dans plusieurs cadres :

  • En continuité d’un échec scolaire durant l’enfance
  • Durant une période transitoire
  • De manière durable

Des difficultés scolaires transitoires peuvent apparaître le plus souvent en classe de quatrième et seconde, particulièrement quand l’enfant est soumis aux troubles particuliers liés aux transformations de l’adolescence.  Les résultats deviennent moins bons dans une ou plusieurs matières, succédant à une période scolaire satisfaisante. L’évolution de ce fléchissement scolaire est favorable dans la majorité des cas. Malheureusement, parfois, à ce fléchissement peut succéder un désintérêt pour la ou les matières concernées ou un certain découragement pouvant se transformer en peur de l’échec.

Si le fléchissement scolaire perdure, les difficultés deviennent durables. Les adolescents peuvent alors présenter des attitudes d’échec, des sentiments dépressifs ou des difficultés importantes à supporter les différentes angoisses propres à cet âge.

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

En cas de fléchissement scolaire, votre psychologue vous aidera à en identifier les causes (perte d’intérêt, dépression, conflits ados-parents) et à mettre en place des solutions.

Si l’échec scolaire est déjà avéré, il n’est cependant pas trop tard pour consulter. Cela s’avère même indispensable dans la mesure où il a été constaté qu’à un échec scolaire s’associaient quasi systématiquement d’autres troubles : anorexie, boulimie, addictions, délinquance, dépression, conduites d’opposition.

Anxiété et dépression à l’adolescence

Les états anxieux de l’adolescence

LES SYMPTÔMES

Plaintes somatiques fréquentes (maux de tête, maux de ventre, nausées, vertiges). Préoccupations exagérées au sujet de la silhouette, de certaines parties du corps et des caractères sexuels.

L’anxiété est un sentiment très courant à l’adolescence. L’adolescent dira rarement : «  je suis anxieux » mais se plaindra de maux de têtes, de maux de ventre, de nausées voire de vertiges.

Il est important de ne pas minimiser ses plaintes même si elles n’ont pas de support somatique. Elles sont le reflet de l’anxiété ressentie par l’adolescent, anxiété, qui, si elle n’est pas traitée, perdure le plus souvent à l’âge adulte.

L’anxiété peut se révéler sous différentes formes à l’adolescence. Les études notent une fréquence accrue du Trouble Panique et de la Phobie Sociale. La phobie sociale peut d’ailleurs être à l’origine d’une phobie scolaire.

L’anxiété peut aussi transparaitre à travers des inquiétudes excessives sur la silhouette, une partie du corps ou les caractères sexuels. Le poids (l’obésité ou la maigreur), la taille sont des préoccupations majeures alimentées par les modèles sociaux actuels qui privilégient minceur et haute taille. Les filles par exemple peuvent développer une obsession vis à vis de leurs « grosses fesses », « grosses cuisses » et s’habiller pour se cacher. Tout peut être sujet à critique, le nez, le front, la bouche, trop petit, trop gros, trop grand. L’acné est un sujet particulièrement délicat et contribue à un sentiment intense de dévalorisation. L’arrivée de la pilosité est guettée par le garçon. Tout retard entraine une crainte. Chez la fille, la pilosité pourra être jugée trop importante. La taille des organes génitaux et de la poitrine est un autre sujet d’obsession, reflet de l’angoisse ressentie par l’adolescent.

Face à l’anxiété provoquée par ces changements, l’adolescent va parfois adopter des conduites extrêmes. L’anorexie est un des cas les plus graves. L’inhibition est  aussi courante et peut se manifester au niveau scolaire ou dans les relations sociales.

ATTENTION

Dans le cas d’une inhibition intellectuelle, l’adolescent va se sentir incapable de poursuivre ses études, alors qu’il en éprouve le désir. Un apparent désinvestissement scolaire pourra être l’expression d’une angoisse latente, celle de ne pas être à la hauteur. Ne pas identifier le problème et proposer à l’adolescent une orientation qu’il va juger dévalorisante, aura des conséquences catastrophiques sur son devenir. 

L’inhibition sociale, elle, se manifeste à travers une timidité extrême qui doit disparaître avec l’âge adulte. Dans certains cas, cette timidité compromet l’insertion sociale de l’adolescent et nécessite une prise en charge psychologique.

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

L’anxiété peut entraver le développement de l’adolescence, avoir des répercussions sur sa vie sociale, familiale et ses résultats scolaires.

La dépression à l’adolescence

LES SYMPTÔMES

Tristesse, colère, anxiété, sentiment d’infériorité, pensées négatives, difficultés scolaires, comportements négatifs, plaintes somatiques.

Rogé et Chabrol (2003) nous dressent une présentation détaillée des dépressions chez l’adolescent. La symptomatologie regroupe :

Des troubles des affects

  • La tristesse : il existe rarement une plainte spontanée et la tristesse n’est pas toujours présente. Quand des situations sont vécues de manière positive, la tristesse disparaît : « quand quelqu’un s’intéresse à moi, je vais beaucoup mieux. » Quand la tristesse s’exprime, c’est à travers ses sensations de vide et des sentiments de découragement, de désespoir et de dégoût : « je suis dégouté de tout, rien ne m’intéresse, je n’ai envie de rien faire, juste rester chez moi. » L’adolescent peut aussi avouer qu’il porte un masque : « je souris parce que c’est mieux que de faire la gueule mais le cœur n’y est pas. » On constate aussi des périodes brèves d’euphorie parfois provoquées par la consommation de substances telles que l’alcool, le cannabis ou l’ecstasy que l’ado utilise pour « soigner » sa dépression.
  • La colère : l’adolescent est irritable, boude facilement ou se met dans des colères disproportionnées.
  • L’anxiété : toutes les types d’états anxieux peuvent se manifester, de la crise d’angoisse à une anxiété flottante.
  • Les sentiments d’infériorité, de honte et de culpabilité : ces sentiments sont fréquents et peuvent être en relation avec leur aspect physique, des difficultés scolaires ou relationnelles.

Des troubles des cognitions : l’adolescent est envahi par des pensées négatives, ces pensées déclenchant des émotions négatives qui contribuent à la dépression. Ces pensées le concernent directement (je suis nul, je suis moche, je ne vaux rien), ou bien sont relatives au monde (personne ne m’aime, les profs sont contre moi, ce monde est pourri) ou au futur (ma vie est ratée, je n’arriverai jamais à rien).

On peut noter aussi des troubles de l’attention et de la mémoire qui vont entraîner une baisse des résultats scolaires aussi liée à une baisse de l’intérêt et de la motivation.

Des troubles du comportement : l’adolescent ne va plus pratiquer ses activités habituelles. Un retrait social est souvent constaté. Les activités passives comme regarder la télévision ou écouter de la musique sont privilégiées. Les passages à l’acte (tentatives de suicide), les comportements antisociaux et l’usage de substances psychoactives sont fréquents.

Des troubles somatiques et un ralentissement : si le ralentissement moteur est rarement constaté, on note une communication non-verbale appauvri (voix assourdie, monocorde). Des troubles alimentaires et des troubles du sommeil sont constatés. L’appétit est coupé ou au contraire augmenté ce qui conduit à une prise de poids. L’adolescent peut souffrir d’insomnie ou au contraire d’hypersomnie (je dors 12 heures par nuit mais je suis crevé).

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

Il est important de ne pas banaliser la dépression chez l’adolescent. Les antécédents de dépression à l’adolescence sont associés chez l’adulte jeune à des capacités réduites aux relations d’intimité affective avec le sexe opposé, à un risque augmenté d’insatisfaction conjugale, de chômage, de tabagisme, de consommation de tranquillisants, d’activités délinquantes et d’accidents de voiture.

Les dépendances : drogue, alcool et jeux vidéos.

LES SYMPTÔMES

Vous notez chez votre ado quelques-uns des signes suivants : changements des centres d’intérêts, chute des résultats scolaires, changement d’amis, agressivité, sensations paranoïaques, changements dans les habitudes alimentaires, troubles du sommeil, besoins d’argent de poche augmentés, pupilles dilatées, isolement.

Quand devient-on dépendant ?

Graziani et Romo (2013) dans leur excellent livre, « Soigner les addictions par les TCC »,  nous expliquent les mécanismes de l’addiction.

Pour définir la dépendance, ils reprennent les critères de Goodman :

  • L’impossibilité de résister à l’impulsion de consommer
  • Sensation de tension croissante avant la consommation
  • Sensation de perte de contrôle
  • Présence d’une majorité de critères parmi les suivants :
    • préoccupation fréquente au sujet de l’objet d’addiction,
    • intensité et durée des épisodes plus importantes que souhaitées à l’origine,
    • tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner l’objet d’addiction,
    • temps important consacré à préparer les épisodes, les entreprendre et s’en remettre,
    • survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou universitaires, familiales ou sociales,
    • activités sociales, professionnelles ou récréatives majeures sacrifiées,
    • perpétuation de l’addiction, bien que le sujet sache qu’il cause ou aggrave un problème persistant ou récurrent d’ordre social, financier, psychologique ou psychique,
    • tolérance marquée : besoin d ‘augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité,
    • agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.

Les raisons à l’origine de l’addiction sont variées. Pour l’alcool, la consommation débute le plus souvent dans un cadre festif, avec des amis.

Dans le cas des jeux vidéos, on commence à jouer pour s’amuser et sortir de sa solitude.

ATTENTION

A un moment donné, on passe du PLAISIR au BESOIN, POUR EVITER LA SOUFFRANCE LIEE AU MANQUE.

C’est à ce moment précis que la dépendance s’installe.

Les comportements d’addiction trouvent leur origine dans des croyances anticipatoires entretenues au sujet de pouvoir du produit. L’impulsion de consommer est générée et des pensées permissives sont activées, donnant lieu à des croyances soulageantes :

  • Les croyances anticipatoires sont des attentes positives au sujet d’un plaisir à venir : « je serai mieux. »
  • Les pensées permissives autorisent la consommation : « je l’ai bien mérité après une semaine de travail. ».
  • Les croyances soulageantes concernent les attentes de réduction d’un manque ou d’un malaise : « il me faut un verre pour me sentir mieux. »

Ce besoin irrésistible et dévorant de consommer se retrouve sous trois formes :

  • Le besoin de récompense : il concerne l’alcool, la cocaïne, l’ecstasy et le crack.
  • Le besoin de soulagement : il correspond à un besoin de réduction du stress ou d’une tension. Cela concerne l’alcool et le cannabis.
  • Le besoin obsédant : des pensées obsédantes envahissent le sujet. Cela concerne l’addiction à Internet et aux jeux vidéo.

Qui devient dépendant ?

Des facteurs individuels de vulnérabilité et des facteurs sociaux et familiaux expliquent qu’un sujet va devenir dépendant.

Parmi les facteurs individuels, on note :

  • Les traits de personnalité : faible estime de soi, autodépréciation, réactions émotionnelles excessives, timidité, difficultés interpersonnelles, difficultés à faire face aux évènements et à établir des relations stables et satisfaisantes.
  • Des attitudes tempéramentales : impulsivité, recherche de sensations, de nouveauté (faible évitement du danger par exemple), niveau élevé de réactivité émotionnelle, retour lent à l’équilibre après un stress , faible niveau de sociabilité.
  • Des perturbations du comportement : difficultés de régulation comportementales et tendances agressives ou turbulentes, lacunes au niveau des habiletés sociales avec incapacité d’anticiper les conséquences, manque d’autocontrôle, difficultés à s’affirmer, retrait social.

L’adolescent est à la recherche de sensations. Cette recherche de sensations comprend 4 grandes dimensions :

  • La recherche d’excitation-frisson et d’aventures ou le désir de s’engager dans des activités qui impliquent le danger ou la vitesse
  • La recherche d’expériences nouvelles ou la tendance à rechercher de nouvelles expériences intellectuelles, sensorielles et à adopter un style non conventionnel
  • La désinhibition ou l’expression de comportements considérés comme extravertis.
  • La susceptibilité à l’ennui ou l’aversion des activités quotidiennes, répétitives et routinières.

Parmi les facteurs sociaux, on note :

  • L’environnement social : misère, chômage, affaiblissement de la cellule familiale et de ses repères, perte des valeurs, quartier défavorisé à haute densité de population et à taux élevé de criminalité, absence d’encadrement pédagogique cohérent,
  • Le rôle des pairs (des copains) : le groupe de pairs joue un rôle majeur dans l’initiation de la consommation d’alcool et de drogues.

Parmi les facteurs familiaux, on note :

  • Les habitudes de consommation familiales : la plupart des études montre une corrélation importante entre des antécédents familiaux d’alcoolisme et de toxicomanie et un début précoce d’abus de substances.
  • Les habitudes de fonctionnement familiales : on retrouve fréquemment une ambiance familiale délétère avec des éléments de discorde et de tension relationnelle importante, des relations parents-enfants insatisfaisantes et conflictuelles en lien avec un faible niveau d’encadrement et d’autorité, des attitudes parentales coercitives injustes ou incohérentes avec un manque d’implication et de supervision familiale, l’influence importante de la fratrie dans la famille, la permissivité, des violences, des troubles mentaux, des antécédents de deuils familiaux non résolus.

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

Seule une thérapie pourra motiver au changement l’adolescent. Cette thérapie aura trois objectifs : gérer les envies, sans consommer ; maintenir l’abstinence et prévenir la rechute ; traiter les troubles associés.