Santé et travail recouvrent des processus multiples et entretiennent d’étroites relations d’influence et interdépendance. Le monde du travail est de plus en plus complexe et hétérogène suite à l’introduction des nouvelles technologies et des nouveaux modes d’organisation du travail. Dans un environnement professionnel en constante mutation où il est nécessaire, sans cesse, de s’adapter et se réadapter, nous sommes de plus en plus nombreux à subir un stress important qui peut conduire à une dépression professionnelle.  Le chômage et le sentiment de précarité qui en découle sont aujourd’hui des éléments omniprésents et aggravants.

Le stress au travail

LES SYMPTOMES QUI DOIVENT VOUS ALERTER:

Fatigue, démotivation, difficultés de concentration, problèmes de mémoire, comportement explosif et irritabilité, hypertension, prise de poids, compulsions alimentaires, problèmes gastro-intestinaux.

Selon l’Agence Européenne pour la Santé et la Sécurité au travail, environ 50 % des travailleurs européens estiment que le stress est courant sur leur lieu de travail et intervient dans près de la moitié de l’ensemble des jours de travail perdus. Tout comme de nombreux autres problèmes affectant la santé mentale, le stress est souvent mal compris, stigmatisé et est interprété, à tort, comme une défaillance de l’individu.

Les effets sur l’organisme du stress vont au delà des problèmes émotionnels. Le corps libère en excès des hormones comme l’adrénaline ou cortisol, ce qui augmente la fréquence cardiaque et la pression artérielle, diminue l’immunité et parfois augmente l’appétit et donc l’accumulation de graisse, particulièrement au niveau abdominal. Les possibles conséquences de ces problèmes sont l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, voire le cancer. En 2012, une étude de l’Université de Harvard, concernant plus de 20000 femmes révélait que travailler dans un environnement stressant et sous tension augmente de 70% le risque d’infarctus. Une autre étude au Canada, constate que le stress au travail double les chances d’une femme d’être atteinte de diabète.

Le stress peut être inhérent à certaines professions quand elles soumettent les personnes à la pression du temps, l’accomplissement d’objectifs ou encore les confrontent à des risques vitaux (Pompiers, policiers, médecins).

L’ambiance de travail peut aussi être responsable du stress ressenti et cela peut être notamment dû à une compétitivité élevée et une certaine agressivité dans les relations de travail.

Certaines personnes ont aussi plus de difficultés que d’autres de s’adapter à un nouvel environnement, recevoir des ordres, ou bien, par souci d’un travail bien fait, vont avoir des difficultés à déléguer, emmener du travail à la maison et ainsi se surcharger.

Stress et travail sont aujourd’hui intimement liés et il est pratiquement impossible de l’éviter dans le monde professionnel. Cesser de travailler n’est pas une option, changer d’emploi n’est pas toujours la solution, un nouveau travail pouvant être tout aussi stressant, voire plus, que le précédent.

Un stress mineur peut être contrôlé à l’aide de mesures simples.

  • Identifiez ce qui provoque votre stress : la profession exercée, l’ambiance de travail, votre manière d’agir.
  • Restez attentif aux signaux envoyés par votre corps : fatigue, démotivation, difficultés de concentration, problèmes de mémoire, comportement explosif et irritabilité, hypertension, prise de poids, compulsions alimentaires, problèmes gastro-intestinaux.
  • Soyez flexible et n’hésitez pas à déléguer. Identifiez vos tendances perfectionnistes : avez-vous déjà été satisfait de votre travail ou pensez-vous toujours pouvoir mieux faire ?
  • Ne gardez pas vos problèmes pour vous. La communication est un élément clé de votre bien-être au sein de votre entreprise. Un délai vous paraît impossible à respecter ? Dites le calmement en avançant des arguments fondés.
  • Se renseignez sur l’emploi avant de l’accepter afin d’éviter des frustrations ultérieures.
  • Ne limitez pas votre vie à votre travail. Le moindre événement dans votre vie professionnelle aura un impact disproportionné. Gardez le contact avec votre famille et vos amis, consacrez du temps à vos hobbies, engagez-vous dans une activité hors de votre travail.
  • Renforcez votre système immunologique en mangeant des aliments riches en Vitamine C et en zinc comme els amandes.
  • Dormez 8 heures par jour. Un meilleur sommeil et donc une meilleure qualité de vie améliorent vos performances au travail et vous permettent d’affronter avec plus de recul les situations rencontrées.
  • Pratiquez une activité physique, l’idéal étant au minimum, 30 minutes, trois fois par semaine.

Quelle attitude adopter ?

Identifiez les causes du stress, écoutez votre corps, restez flexible, déléguez, partagez vos problèmes, menez une vie saine (sport,  alimentation, sommeil), élargissez votre horizon au delà du travail.

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

Si les mesures décrites restent inefficaces, il est indispensable de consulter un médecin et un psychologue. Avoir l’aide d’un tiers pourra vous permettre d’apprendre à mieux gérer et contrôler votre stress pour que celui ci n’affecte plus votre vie mais agisse comme un stimulant uniquement quand c’est nécessaire.

La dépression professionnelle

Dans son livre, Soigner la dépression professionnelle par les TCC, Marc Willard évoque un travailleur qui peut être « terrorisé par l’ampleur de ses insuffisances, l’énormité de la tâche à accomplir et son incapacité à s’adapter à l’évolution du monde ».

La dépression professionnelle recouvre les mêmes signes que la dépression classique mais certains éléments constituent des signaux d’alerte (Raffaitin et Raffaitin-Bodin, 2008) : retards, congés maladies fréquents, accidents du travail, erreurs répétés, fatigabilité et difficultés de concentration, difficultés à prendre des décisions…

Le site www.sistepaca.org identifie 3 grandes catégories de causes pouvant mener à une réelle souffrance au travail.

Liées aux conditions de travail :

– Surcharge, sous charge de travail

– Horaires de travail

– Sur ou sous qualification

– Taches répétitives monotones

– Confrontation à la souffrance des autres

– Mutations, changements de poste

– Mauvaises conditions de travail et de sécurité

Liées aux facteurs humains et relationnels :

– Agressions verbales, physiques, incivilités (notamment lors de travail au contact du public)

– Conflits non extériorisés, non résolus

– Mésentente professionnelle : conflit de valeurs

– Absence de reconnaissance de la qualité du travail accompli, climat d’injustice

– « Maladresse » managériale : humiliante, agressive (dirigeant caractériel), stressante (dirigeant obsessionnel)…

– Isolement du travailleur

Liées aux méthodes de management actuelles :

– Méthodes d’évaluation, de notation du travail

– Niveau d’autonomie, latitude décisionnelle insuffisante

– Objectifs à atteindre, pression temporelle

– Injonction paradoxale : fixer un objectif mais sans en donner les moyens de l’atteindre.

– Intensification du travail / stress, cadences

– Restructuration qui peut briser le collectif de travail et la coopération entre les salariés

– Perte du dialogue / perte du déficit d’expression

– Précarité de l’emploi, source d’insécurité

ATTENTION

Prendre une décision professionnelle si vous souffrez de dépression est dangereux. Votre vision de la situation est probablement faussée. Des pensées négatives obstruent votre jugement et votre objectivité. Avant de consulter un avocat, consultez un psychologue.

POURQUOI IL EST NECESSAIRE DE CONSULTER :

Avoir identifier les raisons de votre mal-être et les savoir directement liées à vos conditions de travail, n’est pas synonyme de guérison. Vous pouvez savoir pourquoi vous souffrez, tout en continuant à souffrir. Si vous ressentez un malaise, avez des idées noires voire suicidaires, si « vous n’en pouvez plus », ne tardez pas à consulter.